Qelques heures après la signature très attendue de la Déclaration de principes entre le gouvernement congolais et le mouvement rebelle AFC/M23 à Doha, une divergence d’interprétation s’est rapidement installée entre les deux parties. Tandis que Kinshasa annonçait un « retrait » des forces rebelles comme un acquis majeur de l’accord, les représentants de l’AFC/M23 ont tenu à corriger cette lecture jugée hâtive.

Dans un tweet, Bertrand Bisimwa, l’un des coordonnateurs de l’AFC/M23, a précisé
« La Déclaration de principes signée ce jour à Doha prévoit notamment la restauration de l’autorité de l’État sur toute l’étendue du territoire national : il ne s’agit pas d’un retrait mais des mécanismes de capacitation de l’État, le rendant à même d’assumer ses prérogatives et obligations. »
Une mise au point qui tranche nettement avec le discours du gouvernement congolais. Ce dernier avait affirmé avoir obtenu un retrait « immédiat » et « sans condition » des zones occupées par le groupe armé dans l’Est du pays. La réalité serait plus nuancée, voire plus technique que politique : la priorité serait de remettre progressivement l’État congolais en capacité d’exercer son autorité de manière effective, sécurisée et durable.
Pour les observateurs internationaux présents à Doha, cette différence d’approche révèle un enjeu majeur du processus de paix : la confiance. L’AFC/M23 redoute un vide sécuritaire en cas de départ précipité et conditionne toute transition à une montée en puissance encadrée des institutions congolaises. Le gouvernement, de son côté, semble vouloir capitaliser sur ce texte pour afficher une victoire politique à l’approche des prochaines échéances.
Les prochaines semaines seront cruciales. Le 29 juillet marque la date limite pour la mise en œuvre des premières dispositions de la Déclaration. Si ce délai est respecté, des négociations directes pour un accord de paix global devraient s’ouvrir à partir du 8 août. L’objectif étant de parvenir à un accord définitif d’ici le 17 août.
Mais encore faudra-t-il que les deux parties parlent le même langage, au-delà des mots. Car dans cette guerre de récits, chaque virgule pèse autant qu’une balle.




