Ce mardi, lors d’une conférence de presse à Kinshasa, l’ancien chef de l’UDPS Jean-Marc Kabund a lancé un ultimatum au président Félix Tshisekedi : si celui-ci ne convoque pas un « dialogue » national, Kabund a prévenu que ses partisans « vont descendre dans les rues de Kinshasa à partir du 15 novembre » et « lui forcer la main » jusqu’à ce que le rassemblement soit organisé.

La prise de parole de Kabund, annoncée et très attendue après sa récente libération, s’inscrit dans la montée en puissance de sa nouvelle formation politique et dans sa posture résolument opposante au régime en place. Il multiplie depuis plusieurs mois les appels à un dialogue national — qu’il présente comme la seule voie pour sortir de la crise politique et sécuritaire — tout en dénonçant l’« immobilisme » de l’exécutif.
Du côté de la présidence, Félix Tshisekedi s’est jusque-là montré réservé, voire opposé à certains formats de dialogue, notamment lorsqu’il a écarté l’idée d’échanges avec des « émissaires » qu’il juge liés aux agresseurs dans l’est du pays. La fermeté de la posture présidentielle rend incertaine la tenue d’une vaste rencontre nationale s’il n’y a pas de concessions mutuelles ou d’un médiateur accepté par toutes les parties.
L’annonce de manifestations à partir du 15 novembre intervient dans un contexte national déjà tendu — entre crises sécuritaires à l’est, tensions politiques et appels à des processus de concertation — ce qui suscite des inquiétudes sur l’ordre public et la nécessité d’un dialogue réel et inclusif. Les prochains jours seront déterminants : autorités, acteurs politiques et société civile sont appelés à faire preuve de responsabilité pour éviter une escalade.




