Les déclarations du porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, à l’encontre de l’ancien président Joseph Kabila, n’ont pas tardé à faire réagir. Qualifiant ce dernier « d’homme du passé qui n’a rien à proposer actuellement », Muyaya a déclenché une vague d’indignations dans les rangs de l’opposition et au sein de l’ancien clan présidentiel.

Parmi les voix qui se sont élevées, celle de Patrick Nkanga, ancien conseiller à la présidence et rapporteur du bureau politique, se veut ferme et critique. Il estime que les propos de Muyaya relèvent d’une lecture volontairement déconnectée de la réalité. Pour Nkanga, il est paradoxal de qualifier « d’homme du passé » un leader politique dont la récente prise de parole a mobilisé des millions de Congolais, tant sur le territoire national qu’à l’international, suscitant une attention soutenue.
Selon Nkanga, Joseph Kabila n’a pas seulement livré un discours politique, mais proposé un diagnostic lucide de la crise sécuritaire et institutionnelle que traverse actuellement la République démocratique du Congo, tout en esquissant des perspectives pour une solution durable. « En lieu et place de réactions de posture, le Gouvernement aurait été mieux inspiré de décrypter les lignes de ce message afin d’y trouver des pistes de convergence susceptibles de favoriser une dynamique de paix », a-t-il déclaré.
Il fustige par ailleurs le ton utilisé par certains membres du gouvernement, qui, selon lui, nient la gravité de la situation actuelle du pays. Pour Patrick Nkanga, ce mépris affiché ne contribue en rien à la résolution des crises en cours.
Cette confrontation illustre à quel point le retour sur la scène politique de Joseph Kabila continue de polariser la classe politique congolaise, entre rejet catégorique et espoir d’une alternative face à une situation sécuritaire toujours préoccupante à l’Est du pays.
Abudu Yawolo




