Au cours d’un grand rassemblement populaire organisé au stade Roi Baudouin.

On estime que plus de 20 mille Kinois avaient assisté à la cérémonie. Dans le stade, toutes les forces vives du Congo sont réunies pour la circonstance. Mobutu profitera de la cérémonie d’investiture pour prononcer son discours-programme… un sévère réquisitoire.
Mobutu fit une analyse critique de la situation politique, financière, économique et sociale du pays. Il dénonça les conflits stériles des politiciens qu’il avait décidé d’écarter de la scène politique à cause du chaos, du désordre, de la négligence et de l’incompétence.
Ensuite, Mobutu appela le peuple à se mettre au travail afin d’engager le pays dans la voie de l’industrialisation. C’est la naissance du slogan « retroussons nos manches », où Mobutu insistera que l’heure était arrivée où le travail devrait être au centre de tout.
Mobutu annonça dans la foulée que dès le lendemain, les plus hautes autorités du pays devraient cultiver obligatoirement un champ d’au moins un hectare; précisant qu’il donnerait lui-même l’exemple.
Mobutu évoqua les grands projets à venir comme ceux du barrage d’Inga et de l’usine sidérurgique de Maluku. Il annonça aussi la réduction de la rémunération des députés, suspendit le droit de grève et rappela la mesure de suspension des partis politiques.
La mesure de suspension frappait les quelques 223 partis politiques congolais recensés à cette époque-là. Enfin, il conclut son discours en déclarant: « J’ai décidé de rester au pouvoir pendant cinq ans. Il a fallu cinq ans aux politiciens pour conduire le pays à la ruine…
Je me donne cinq ans pour conduire, avec votre aide à tous, le pays vers la prospérité ». Ce jour-là, une page de l’histoire du Congo indépendant venait d’être tournée et de grands espoirs naissaient ainsi, avec l’arrivée de ce jeune soldat à la tête du pays.
Par Benjamin Babunga




