Pour tenter de revaloriser le franc, la Banque centrale a injecté 150 millions de dollars sur le marché de change. Une alternative très limitée pour le professeur Noel Tshiani, ancien directeur à la Banque mondiale. Il accuse le gouvernement de recourir à la planche à billet pour couvrir le déficit budgétaire d’environ 4 milliards de dollars à ce jour.

« Nous sommes mal partis. D’ici avant la fin de l’année, un dollar va se changer à 3 000 francs congolais, créant ainsi une situation de misère sociale incroyable », alerte Noel Tshiani. « L’économie est dollarisée à 95%. Par conséquent, tous ces instruments de politique monétaire qu’on peut déployer, notamment, on a augmenté le taux directeur de 9 à 11 % et de 11 à 25 % en moins de deux mois, on a augmenté le coefficient de réserves obligatoires de 0 à 10% sur les dépôts en franc congolais. »
Puis il ajoute : « Tous ces instruments-là sont inefficaces. Par conséquent, cela laisse le reste de la masse monétaire inchangée. Je peux voir la dépréciation se poursuivre comme si de rien n’était. »
L’enseignant propose notamment à l’État d’ajuster son train de vie à la capacité de mobilisation de recettes, industrialiser le pays pour réduire la facture d’importation, réformer le Code minier pour rapatrier les devises et créer des banques commerciales congolaises.
RFI




