Lors d’un point de presse tenu ce jeudi à Kigali, le président rwandais Paul Kagame est revenu avec fermeté sur la question des engagements pris dans le cadre des accords bilatéraux conclus entre son pays et d’autres partenaires, notamment la République démocratique du Congo. Des propos lourds de sens, qui jettent un éclairage nouveau sur l’atmosphère de méfiance persistante entre les deux États voisins.

« Dans les accords, il y a ce que les deux parties se sont convenues de faire chacune de son côté ou de manière conjointe. Cependant, les gens ne sont pas toujours sincères dans ce qu’ils ont accepté de leur plein gré », a déclaré le président Kagame devant la presse locale et internationale.
« En ce qui concerne le Rwanda, nous ferons tout ce que nous avons convenu de faire. Mais si les autres ne respectent pas leurs engagements, il faut comprendre que cela aura des conséquences sur ce que nous avons accepté de faire. »
Ces propos interviennent dans un contexte régional tendu, marqué par des violations répétées du cessez-le-feu dans l’Est congolais, où des groupes armés, dont le M23, restent actifs malgré les engagements régionaux et internationaux.
Cette sortie médiatique du président rwandais laisse transparaître une forme de lassitude, voire de menace voilée. Elle soulève aussi des interrogations sur la sincérité des engagements pris de part et d’autre, et sur la viabilité des accords signés sous l’égide de partenaires internationaux, notamment les États-Unis et l’Union africaine.
À Kinshasa, aucune réaction officielle n’a encore été enregistrée. Toutefois, plusieurs voix s’élèvent déjà pour exiger un débat parlementaire sur la transparence et l’application des accords en cours, conformément à l’article 214 de la Constitution congolaise, qui exige une ratification parlementaire pour tout traité de paix.
L’avenir des relations entre Kigali et Kinshasa semble donc suspendu à la volonté politique des deux parties de respecter ou non la parole donnée.




