Dans un monde où les inégalités entre les sexes persistent encore, le rôle des parents dans l’éducation de la jeune fille demeure crucial. Pour en parler, nous avons rencontré Madame Mimi Bauli, éducatrice et défenseure de l’égalité des chances en milieu scolaire. Elle revient sur la responsabilité des familles dans la construction d’une société où filles et garçons avancent côte à côte.

D’jessy M’boma : Quel rôle concret les parents peuvent-ils jouer dans l’éducation pour garantir l’égalité entre filles et garçons ?
Mimi Bauli : Le rôle des parents est fondamental. C’est à la maison que l’enfant apprend la valeur qu’il s’accorde. Lorsqu’une fille grandit dans un environnement où on lui dit qu’elle peut rêver, étudier, diriger, inventer, elle développe une confiance naturelle. Malheureusement, beaucoup de familles continuent de transmettre des clichés : “Les garçons dirigent, les filles obéissent.” Or, l’égalité commence dans les mots, les gestes et les habitudes du foyer.
D’jessy M’boma : Vous parlez souvent d’éducation égalitaire. Que signifie-t-elle exactement dans la pratique familiale ?
Mimi Bauli : C’est une éducation qui donne les mêmes opportunités et la même considération aux enfants, quel que soit leur sexe. Par exemple, permettre à la fille d’accéder aux études scientifiques, encourager le garçon à participer aux tâches domestiques, valoriser la responsabilité plutôt que la domination. Les parents doivent devenir des modèles de respect mutuel et de partage des rôles. L’enfant reproduira ce qu’il voit plus que ce qu’il entend.
D’jessy M’boma : Comment cette égalité contribue-t-elle à l’autonomisation de la jeune fille ?

Mimi Bauli : L’autonomisation, c’est d’abord la liberté de penser et d’agir. Une fille qui a été écoutée, soutenue et responsabilisée dans sa famille saura faire des choix réfléchis dans la vie adulte. Elle ne dépendra pas d’un homme pour exister, mais cherchera un partenaire pour partager. Les parents doivent donc cultiver chez leurs filles la confiance, la curiosité et la capacité de dire non. C’est la base de l’émancipation.
D’jessy M’boma : Un dernier message aux parents congolais ?
Mimi Bauli : Oui. Aimons nos filles non pas pour qu’elles “trouvent un bon mari”, mais pour qu’elles trouvent leur voie. Soutenons leurs rêves comme nous soutenons ceux de nos fils. Une nation qui éduque bien ses filles construit une société plus juste, plus prospère et plus humaine. L’égalité ne se décrète pas dans les lois, elle se cultive dans les maisons.

Il sied de noter que l’éducation égalitaire commence dans le regard que les parents posent sur leurs enfants. Donner les mêmes droits, les mêmes chances et le même amour, c’est déjà transformer la société.
D’jessy M’boma




