Le dernier atelier régional des médias consacré à la sensibilisation sur l’accès des adolescents à la santé sexuelle et reproductive (SSR) s’est ouvert ce lundi 23 Février 2026 à Zanzibar. L’événement réunit des journalistes venus de la République démocratique du Congo, du Burundi, du Rwanda, de la Tanzanie, du Kenya et de la Zambie, mobilisés dans le cadre du projet SHARP, mis en œuvre par EANASSO avec l’appui de l’Union européenne.


Placée sous le thème du renforcement du plaidoyer médiatique et de l’harmonisation des politiques publiques, cette rencontre régionale vise à consolider les acquis du projet et à encourager une couverture médiatique stratégique des enjeux liés à la santé des adolescents dans la région des Grands Lacs et d’Afrique de l’Est.
Intervenant à l’ouverture des travaux, Denis Bwana, Managing Partner de Law Bank & Co Advocates, a rappelé le contexte ayant conduit à la mise en place du projet.
Selon lui, les indicateurs de santé sexuelle et reproductive dans la région élargie étaient particulièrement alarmants : taux élevés de grossesses précoces, avortements, mariages d’enfants, infections sexuellement transmissibles et multiples défis liés à la santé mentale des jeunes.
« Les résultats comparatifs ont montré que les indicateurs de santé dans notre région étaient nettement plus défavorables que dans d’autres parties du monde. L’objectif du projet SHARP était donc d’atténuer, voire d’éliminer, ces indicateurs menaçants », a-t-il expliqué.

Pour y parvenir, des réformes politiques s’imposaient. Une étude de référence approfondie a été menée afin d’analyser les vulnérabilités, les déficits d’accessibilité et la qualité des produits et services de santé sexuelle et reproductive dans les structures publiques, privées et confessionnelles.
Une étude régionale a également examiné les cadres juridiques existants dans les États partenaires, notamment sur des questions sensibles telles que l’âge du consentement, l’âge légal du mariage et l’accès transfrontalier aux services de santé.
« Si un adolescent traverse la frontière entre la Tanzanie et le Kenya, les conditions d’accès aux services restent-elles les mêmes ? L’objectif est de garantir des services cohérents dans toute la région », a souligné Denis Bwana.
Le projet a ainsi œuvré pour une harmonisation des politiques au niveau de la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC), estimant qu’un cadre juridique clair et harmonisé facilite la reproduction des bonnes pratiques dans les différents pays partenaires.

Toutefois, les disparités persistent, notamment entre zones urbaines et rurales, ainsi qu’entre structures publiques et privées. Les convictions religieuses et les croyances traditionnelles constituent également des obstacles majeurs à l’amélioration des services de santé sexuelle et reproductive.
« Il est difficile d’améliorer ces indicateurs si les pratiques culturelles et religieuses ne sont pas abordées à travers un engagement stratégique impliquant communautés, détenteurs de droits, adolescents et autres parties prenantes », a-t-il insisté.
De son côté, Lizzie Otaye, responsable de la communication, a salué le travail accompli par les partenaires médiatiques dans le cadre du projet SHARP.
« Nous sommes satisfaits de ce que nous avons vu jusqu’à présent. Nous utilisons même vos exemples lors de nos réunions. Il y a de nombreux liens et analyses dans ce qui a été produit, et nous apprécions le travail accompli dans son ensemble », a-t-elle déclaré.
Elle a également souligné l’importance de collecter et de centraliser les supports multimédias produits par les pays participants, afin de renforcer la documentation et la visibilité des actions menées.
L’atelier régional se clôturera ce mardi 24 février 2026. Chaque participant recevra un brevet en reconnaissance de sa contribution au projet SHARP et à la promotion d’une couverture médiatique responsable et engagée en faveur de la santé sexuelle et reproductive des adolescents.
À travers cette initiative, les organisateurs espèrent renforcer le rôle des médias comme acteurs clés du changement social, capables d’influencer les politiques publiques, de briser les tabous et de promouvoir les droits des adolescents dans toute la région.
D’jessy M’boma , depuis Zanzibar




